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L'HISTOIRE DE LA VILLE DE SAFI
Pour
parler de l'Histoire, il y peut d'écrit sur la naissance de SAFI car on
sait peu de choses sur ses origines Comptoir Phénicien - S'il faut
croire le géographe Ptolémée - probablement fréquentée plus tard par
les Romains, elle apparaît dans les textes arabes sous le nom d'Asfi, à
partir du 11ème siècle, c'est alors un petit port d'intérprêt local.
Safi Hadirat al Mouhit ou Cité de la mer
environnante, selon l'expression d'Ibn Khaldoun, Safi assurait, en tant
que port de la capitale Marrakech de l'empire Almohade au XII siècle,
des relations directes avec l'Andalousie et se présentait sous forme
d'un espace fortement urbanisé, doté notamment, d'importantes
fortifications et d'une grande mosquée centrale , laquelle étaient
rattachées de nombreuses institutions.

A
la fin du XII siécle, Abou Mohamed Saleh, Saint Patron de la ville
depuis, fonde un ribat ou couvent fortifié, dans un faubourg mitoyen de
la ville, qui allait donner à Safi une fonction religieuse, de portée
nationale et internationale. Il institue, en effet, deux ordres
religieux, les premiers du genre organisés au Maroc, une Tariqa ou voie
mystique et la Tafa des Houjjaj, remarquable organisation du pélerinage
à la Mecque, à travers un immense réseau de centres d'accueil
(Sijilmassa, Tlemcen, Bougie, Barqa, Alexandrie,...), à une époque ou
cette obligation était suspendue pour des raisons d'insécurité.
Constitué de deux entités urbaines, la ville s'enrichit, au XIV siècle,
d'une medersa, edifiée par Aboul Hassan Al Marini, d'un bimaristan
(hopital) et de nombreuses autres institutions, une qaysaria, un
mohtasseb, au fur et à mesure que Safi s'impose comme place d'échanges
d'importance qui commerce avec Gènes, Séville, Marseille, etc...A la
fin du XV siècle, la pression portugaise s'accentue, et aboutit à
l'occupation de la ville qui va durer de 1509 jusqu'à sa reprise par
les Saadiens, en 1541. Safi était alors la principale place portugaise
fortifiée pour le controle de la région maritime, s'étendant jusqu'à
Marrakech.
De nouveau reliée à Marrakech sous les Saâdiens, Safi demeure un des
plus importants ports du Royaume jusqu'à la création d'Essaouira, à la
seconde moitié du XVII siècle. Il reste cependant siège de consulats
étrangers et participera, au cours du XIX siècle, à l'ouverture
commerciale du Maroc sur les puissances étrangères.De meme qu'à Tanger,
la communauté juive est importante et n'est pas installée dans un
mellah. L'existence de cultes mixtes, judéo-musulman, tel celui rendu
jusqu'au milieu du XX siècle aux Oulad Zmirro, les sept saints juifs
enterrés à Safi, témoigne de l'entente qui prévaut depuis plusieurs
siècles entre les deux communautés.

L'ouverture sur l'Europe :
Au 15ème siècle, SAFI s'ouvre au commerce européen. Les Portugais
apprécient même si bien sa rade naturelle qu'ils s'en emparent en 1508,
par une opération combinée (par terre et par mer) montée à partir de
leur base de Mogador (Essaouira). Autour de la ville ils élèvent une
enceinte et construisent une forteresse au bord de la mer. Mais cette
occupation dure peu car dès 1541, les Portugais qui viennent de perdre
la ville d'Agadir évacuant volontairement Safi.
Cela n'interrompt point les échanges avec l'Europe qui au contraire
s'intensifie. Les Français y ont leur part. Au 17ème siècle, le consul
de France a sa résidence à Safi et c'est dans ses murs que le
commandeur de Rasilly signe au nom de Louis XIII plusieurs traités de
commerce entre la France et l'Empire Chérifien. Mais, au 19ème siècle,
c'est le déclin complet.

Le tournant du 20ème siècle :
Le renouveau est tout d'abord venu de la pêche industrielle d'abord :
la Sardine est la spécialité de SAFI depuis que le développement de la
concerverie a ouvert à ces pêcheurs un énorme marché. Puis les minerais
de Jbilet et les phosphates de Youssoufia (80 kms au Nord-Est de Safi)
ont envahi les quais, entraînant l'extention et la modernisation du
port.
En fin, c'est à Safi que le pays a fait ses premiers pas dans la grande
industrie par la construction d'un important complexe chimique (1972) à
quelques kms au sud de la ville.
A partir de 1920, le port de Safi est l'objet d'extensions
progressives, fonction de l'accroissement de l'exportation des
phosphates. Mais c'est au cours de la seconde guerre mondiale, que la
flottille de peche va connaitre une croissance considérable liée au
développement de la conserve qui fera de Safi, au début des années
1950, le premier port sardinier du monde, pour la peche et la
conserverie.Safi est aussi célèbre pour l'activité de ses potiers,
attestée dès le XII siècle. Cette activité a connu un regain
d'intensité au XIX siècle, et une renaissance progressive, grace à la
création, vers 1920, d'une école de céramique et d'un atelier pilote,
avec Maitre Lamali, qui ont permis de renouveler et de perpétuer cette
activité sur la Colline des Potiers.
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