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PORT DE SAFI : Historique

Au milieu du vingtième siècle, Safi grand port de pêche et de commerce très varié, avec ses milliers de marins, ses centaines de bateaux et usines, ses chantiers navals, et premier port sardinier de la planète pendant un certain temps, va régresser brutalement à partir des années 70, voyant ses conserveries fermer et ses gens de mer acculés à migrer vers d’autres horizons.

Il y a au moins deux raisons à ce déclin, et elles datent toutes les deux de 1950, époque de son apogée. Cette année correspond à la mise en place d’un écho sondeur à bord de sardiniers de Safi, l’homme est intervenu par des prélèvements de plus en plus importants venant rompre ainsi un équilibre naturel millénaire. Cette même année fut caractérisée par le lancement de la transformation des phosphates. Faiblement intégrée dans le tissu économique de la ville, vivant presque en autarcie, le complexe chimique qui n’apporte aucune plus-value à Safi, concourt au contraire à desservir les intérêts de la cité en matière de pêche et de tourisme. Cette spécialisation a occulté les activités traditionnelles beaucoup plus riches et diversifiées. 

Si une veille avait été instituée en son temps, ce déclin aurait pu être évité. Le port se serait tourné, par exemple, vers le multimodal par le concours de la route, du rail et des navires de types porte-conteneurs ou rouliers. 

Ce port qui avait tout pour aider la ville de Safi à émerger, n'a pu réussir cette mission notamment en raison du cannibalisme du port de Casablanca, qui lui-même risque de subir le même sort avec la mise en service éventuelle du nouveau port atlantique de Tanger.

Son histoire mérite donc d'être contée.

 

Safi (en vieux portugais Tsaffin) à la fin du XVI° siècle.

Le château de mer portugais de Safi dont on reconnaît les tours crénelées; datant du XVI° siècle et restauré en 1963, c'était un poste de surveillance maritime ; le débarquement des barcasses avait lieu au pied même de ce château, dans une anfractuosité rocheuse dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une pointe isolée.


Vue d'ensemble du Château de mer de Safi en 1963

 

En 1762 le port était en gérance, c’est à dire en location sous contrat. Il était entre les mains de la Compagnie dano-africaine.

Malgré les difficultés de la mer; le port de Safi connaissait un mouvement considérable, car c'est le point de la côte le plus rapproché à vol d'oiseau de Marrakech. De nombreux navires stationnaient en rade de la plage et étaient desservis par des barcasses. Bien que les fonds de 13 à 16 mètres permettaient aux navires de mouiller à moins de 500 mètres du rivage, la barre rendait l'embarquement et le débarquement extrêmement difficiles lorsqu'elle ne les arrêtait pas complètement durant plusieurs journées. C'est ce qui a détourné une bonne partie du commerce de Marrakech vers la rade plus hospitalière d'El Jadida. Pour faciliter ces opérations, le Sultan Moulay Abdelaziz ordonna la construction d'un wharf métallique en 1902. Mis en service en 1908, il fut aussitôt détruit ...

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